Appel à candidature contrat doctoral – site d’Angers

Offre de thèse :Vertu et fortune dans la pensée politique, la doctrine juridique et les discours judiciaires en France au XVIe siècle
Jusqu’au 27 juin 2016

Cette recherche de thèse a obtenu le financement d’une allocation de recherche ministérielle sur 3 ans.

Intitulé du laboratoire d’accueil :
UPRES EA 4337 Centre Jean Bodin – recherche juridique et politique
Nom et prénom du responsable du laboratoire :
Professeur Hervé RIHAL
Intitulé français du sujet de thèse proposé :
Vertu et fortune dans la pensée politique, la doctrine juridique et les discours judiciaires en France au XVIe siècle
Intitulé de l’école doctorale
Pierre COUVRAT Droit et Science politique
Nom et prénom du directeur de thèse :
Joël HAUTEBERT

Profil du candidat :
Le candidat doit être titulaire d’un master II d’histoire du droit (recherche, ou recherche et professionnel indifférencié). Le dossier peut être présenté même si la soutenance du mémoire n’a pas encore eu lieu, à condition toutefois que celle-ci se déroule avant début juillet (et non en seconde session).

Argumentaire scientifique présentant les enjeux de la thèse
John Greville Agard Pocock (Le moment machiavélien) a révolutionné l’histoire des idées en démontrant à quel point l’humanisme et le républicanisme italiens des XVè et XVIè siècles initient la sortie de la res publica christiana et l’abandon des paradigmes de la scolastique médiévale. Les sources antiques revisitées font surgir la notion de fortune, que les auteurs associent dans leurs discours à celle de vertu, dont le sens s’écarte de sa définition classique. On songe à Machiavel bien sûr, mais aussi au juriste Francesco Guicciardini (François Guichardin), tous deux éminents représentants florentins de ce courant ouvrant la voie à la renaissance. Malgré la diversité sémantique des notions de « vertu » et de « fortune » et les grandes marges d’interprétation que celles-ci impliquent, ce couple caractériserait l’idée républicaine.

Dans le même temps, l’Italie, espace composé de royaumes, de duchés et de républiques, attire les rois de France, de Charles VIII à François Ier, dont les entreprises militaires se révèlent au bout du compte sans succès. Toutefois, l’intérêt pour l’Italie ne se limitant pas au territoire, la réception de la pensée italienne novatrice dans le royaume de France mérite d’être analysée tant du point de vue politique que juridique. Même s’il faut attendre la seconde moitié du XVIè siècle pour que les écrits de Machiavel soient couramment lus en France, il importe de s’interroger sur l’influence exercée sur les grands auteurs politiques et les juristes du royaume, du savoyard Claude de Seyssel, conseiller des rois, archevêque de Turin et auteur de La Grand’ monarchie de France en 1519, aux monarchomaques et aux auteurs du dernier tiers du XVIème siècle, surtout dans les temps troublés des guerres de religion, qui rappellent les mutazioni, les variations des temps, qui révèlent l’action de la fortune. Est-il possible de percevoir une inflexion conceptuelle dans la littérature des mémoires des princes ? Une influence s’exerce-t-elle en France avant la montée de puissance de la monarchie absolue ?

Les études sur cette thématique, en particulier au sujet de l’articulation vertu/fortune, ont rarement été menées par des juristes. Ce manque doit être comblé, car au-delà de l’investigation portant sur la pensée politique, se pose aussi la question de l’usage de ces termes et de leur influence théorique dans les discours judiciaires, ou plus exactement dans l’espace judiciaire, qu’il s’agisse des discours prononcés au parlement par le roi ou le chancelier, des harangues, des discours des magistrats ou des avocats. Ces sources doivent être abondamment explorées car elles témoignent de la culture juridique du temps qui encadre la conscience du juge, définit le sens de la justice partagé par tous les acteurs de la vie judiciaire et nourrit également la présentation des modèles politiques variés, tant le monde de la robe participe activement aux controverses politiques. Dans une moindre mesure, les préfaces des traités juridiques en matière civile (droit coutumier et droit romain) peuvent également fournir des indices, au même titre que les traités de droit criminel, ces derniers s’inspirant aussi de la littérature antique, par exemple des rhéteurs romains.

La combinaison de l’ensemble de ces sources, politiques et juridiques, offre ainsi l’occasion de saisir l’impact du « moment machiavélien » en France au XVIè siècle.

Plan de travail prévisionnel du doctorant
Le plan de travail du doctorant sera le suivant :

1ère année : 2016-2017
Lors de la première année, l’étudiant consacrera son temps à la recherche et à l’étude des sources ainsi qu’à la bibliographie française et étrangère.

2ème année : 2017-2018
Le travail entrepris lors de la première année se poursuivra en deuxième année, au cours de laquelle l’élaboration du plan devra être achevée.

3ème année : 2018-2019
La troisième année sera consacrée à la rédaction définitive de la thèse.

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